à propos de 1%
Alors, il fallait commencer, se lancer, trouver un « début », quelque chose qui ressemble à un prologue.
Moi j’aimais bien l’idée des traces politiques dans la ville : rechercher des slogans, des autocollants, des souvenirs aussi, et y mêler des expressions plus ou moins personnelles. Et se dire que derrière tout cela il y avait des personnes qui avaient eu envie d’écrire Ayez des désirs, Jack London, Fuck the Medef, Défendons nos retraites ou Je t’aime.
Constater aussi les marques liées au début de la campagne électorale, le pochoir Travail Famille Patrie, le nom de Sarkozy, et inscrire ce premier film dans ce temps là .
Puis, il y avait ce texte de Marguerite Duras, que nous avions tout de suite retenu et utilisé pour présenter notre projet : la politique, ce n’est pas qu’une question de partis politiques, d’appartenance, d’engagement, c’est un rapport entre soi et le monde, un rapport personnel. ..et si « perte politique » il y a, elle est aussi perte de soi (perte de sa colère comme celle de sa joie)…
Enfin, après l’écrit sur les murs, le texte lu, il y avait l’envie de rencontrer des personnes, des personnes, qui, ce jour là se regroupent, demandent quelque chose…et se demandent comment le demander (quel slogan inventer ?).
Comment vient ce qui s’inscrit sur les murs, comment vient une parole politique ?
Passer de l’absence (les mots sans ceux qui les écrivent ) à une certaine présence (ceux qui cherchent des mots), voir les mots et les paroles s’additionner, et les voir, un moment, s’incarner.
« On a le début mais on n’a pas la fin », cette phrase était pour nous, tout un programme … Oui, nous avions ce projet, nous faisions ce 1er film, et qu’en serait- il dans 100 jours ? Quels films seraient réalisés, et quel serait le résultat des élections ?
à suivre…
isabelle .
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