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(Tiens, Pierre Dewey-Dell crédité au générique…
Que devient-il, ce vieux pirate montréalais ?
Diable, tout ça ne nous rajeunit pas ! on croirait que c’était il y a un siècle)
Pour en revenir au film : c’est plutôt intéressant… comme toujours, le parti-pris esthétique est assez fort… Néanmoins, je crois avoir été plus touché par vos « Esquisses de Vinci » ou « Inu & Aïda », sans doute plus personnels. Votre veine « engagée » m’inspire un peu moins, Mlle Sarazin…
(Note en passant : le dispositif visuel me rappelle une interview-mise-en-scène télévisée de Polnareff, il y a quelques années : un peu le même système, on ne voyait que sa bouche, ses ch’veux, et bien sûr ses lunettes).
Commentaire par Nicolas Brulebois — Vendredi 30 mars 2007 @ 13:03
Mondamoiseau Brûlebois, votre petit ton mi-paternaliste mi-bienveillant-professoral qui prend de légèrement haut tout ce qui vous semble ressembler de près ou de loin à de la jeune-fille est très désagréable.
Commentaire par Phrensky — Vendredi 30 mars 2007 @ 13:24
J’ai beaucoup ri. Belle illustration de ce que disait Emmanuel Todd lorsqu’il parlait des sondages comme de « chiffres mous » en opposition à par exemple le taux de mortalité infantile, qui est un « chiffre dur », sur lequel il s’était appuyé pour prédire l’effondrement de l’URSS.
Là , c’est même plus du mou, c’est de la guimauve, voire de la gelee, vous savez, ce sublime dessert anglais qui tremble encore dans l’assiette longtemps après qu’on l’ait servi… Merci pour cette bonne tranche.
Commentaire par alexis — Vendredi 30 mars 2007 @ 15:46
Alors moi ça me fait penser plutôt au début du « rocky horror picture show ».
Commentaire par Thomas — Vendredi 30 mars 2007 @ 19:03
Oui, mais alors version Yves Klein
Commentaire par Daniel — Vendredi 30 mars 2007 @ 23:03
salut Anne, alors je trouve ton objet vidéo exotique et osé… je pense que tu voulais mattre en scène le sommeil intellectuel des gens face à de sondages… ton faux sondage est très clair et ça me fait peur.
Commentaire par Natalia — Mercredi 4 avril 2007 @ 11:59
C’est énorme ! Un grand bravo aux deux réalisatrices.
Commentaire par Karamel — Jeudi 5 avril 2007 @ 10:40
Chère Phrensky,
Votre intervention du 30/03 à 13h24 était (pour le moins) déplacée. Je ne vois vraiment pas où vous avez pu déceler du sexime dans mon commentaire sur ce film.
J’ai suivi (de loin en loin) les travaux de cette Mlle Sarazin depuis une dizaine d’années ; et même si je ne les ai pas systématiquement appréciés (ou compris), j’ai toujours (au moins) respecté sa « créativité ». Donc, le reproche de condescendance que vous m’adressez est ici totalement hors de propos.
Je pense que si la réalisatrice avait eu à se plaindre d’une quelconque bienveillance sexiste dans le ton employé à son égard, elle l’aurait déjà fait depuis longtemps (car j’ai employé ici, peu ou prou, le même registre que lors de nos échanges écrits passés).
Vous pensiez sans doute bien faire en jouant les justicières-redresseuses-de-torts… mais dans ce cas précis, permettez-moi de vous dire que votre féminisme-hargneux-bave-aux-lèvres vous égare quelque peu.
(En outre, votre commentaire était d’autant plus déplacé qu’il oubliait TOTALEMENT d’émettre un avis constructif sur le film…)
***
Et à propos du film, d’ailleurs… je l’ai revu et suis maintenant en mesure de formuler ce qui m’a posé problème : en fait, je ne vois guère de corrélation constructive entre ce qui est dit et ce qui est montré. Passé la petite surprise visuelle provoquée par l’image, celle-ci peine assez rapidement à apporter un contrepoint au vrai-faux sondage. Dès lors, l’attention se concentre presque uniquement sur la piste sonore, et le visuel apparaît un peu comme le parent pauvre de l’affaire…
A la rigueur, je vois plutôt ça comme un reportage/canular de type radiophonique sur lequel on aurait plaqué (un peu trop artificiellement à mon goût) un procédé visuel « flashy ».
Et je ne suis pas d’accord avec Natalia qui écrivait, dans les commentaires, que ce film illustrait « le sommeil intellectuel des gens face aux sondages ». Il me semble au contraire que certains des intervenants manifestent clairement (et heureusement !) leur incompréhension/consternation vis-à -vis de certaines questions posées. C’est plutôt bon signe.
Commentaire par N.B. — Vendredi 13 avril 2007 @ 23:20
Dans le sondage, c’est plutôt bon signe que les gens émettent leur scepticisme mais en même temps, leurs réponses sont exploitables parce qu’ils ont accepté de faire le sondage et de le finir. Finalement, la dame qui n’est pas convaincue qu’y répondre soit un acte citoyen répond quand même « oui », et même, « un acte citoyen à égalité avec le vote » dit-elle encore – malgré elle – plus tard. Elle accepte aussi que le taux d’insécurité dans son environnement soit de l’ordre de 74%. Même si elle comprend la question comme « beaucoup ou peu » (89% ou 74%) il n’en reste pas moins que 74% c’est finalement plutôt beaucoup… et qu’on peut réutiliser ce chiffre en dehors du contexte du sondage.
Ce film voulait parler de ça, du contexte du sondage, du fait que même si on a l’esprit critique ce n’est pas si évident de savoir comment réussir à pouvoir s’exprimer dans un sondage. Je me pose aussi la question : est-il judicieux d’y répondre ?
J’aurais plein de choses à écrire parce qu’on a beaucoup parlé avec Rosa pendant l’élaboration de ce petit film, sur le sens de ce qu’on faisait et aussi comment on allait réussir à le transmettre.
L’écueil qu’on sentait poindre : que l’on nous parle de canular. En effet, pour moi, c’est loin d’être une simple blague.
A propos de la bouche, j’ai été très étonnée des commentaires ici parlant essentiellement de la bouche, chacun y allant de sa référence esthétique. Pour moi la bouche ce n’est qu’un support pour écouter le son, et cela symbolise juste l’Opinion Publique, une entité immatérielle créée de toute pièce (cf. « L’opinion ça se travaille… » S.Halimi, D. Vidal, ed. Agone). Une sorte de monstre autonome (moi je pensais souvent au grand monstre noir dans le Voyage de Chihiro, parce qu’il fascine – comme les sondages-boule-de-cristal – et on ne sait jamais bien s’il nous veut du bien ou s’il va nous faire du mal).
Dans cette idée, je penchais plutôt pour une bouche « marine », qui aurait eu des mouvements plus fréquents et plus « poulpe », tandis que Rosa préférait la sobriété et des gestes précis et nets. Ce que nous avons fait, je pense qu’elle a eu raison sinon la bouche aurait encore pris plus de place. En même temps, il faut bien avouer que des fois on ne savait pas exactement quoi lui faire faire de plus, à cette bouche. En tout cas, nous ne souhaitions pas qu’elle prenne trop de place, c’est en effet comme vous le dites NB, un film où nous donnons plus de place au son qu’à l’image, mais néanmoins nous avions quand même l’impression que la bouche apporterait quelque chose de plus à la construction sonore.
Cela dit, à lire les quelques commentaires ici, il y a sans doute un décalage entre ce qui est perçu de cette bouche (trop léchée, trop flashy esthétique ?) et la raison pour laquelle nous, nous l’avons faite. Je me demande si ce n’est pas purement une question technique : un peu moins grosse dans l’écran, moins graphique, peut-être la perception aurait été différente (parce que là , faire penser à Rocky Horror Picture Show, ce n’était pas vraiment notre souhait…).
J’ai vu en octobre une pièce de S.Beckett où il n’y a qu’une bouche rouge (éclairée par deux petites lampes de chaque côté du visage de la comédienne). Cette bouche est un personnage à part entière, elle bouge, elle se contorsionne, elle vomit, elle rit, etc, c’est assez effrayant et fascinant. Très rapidement j’ai repensé à ça pour ce film, je me suis dit que la bouche serait une allégorie parfaite du sondage=opinion. Au début notre bouche était rouge, mais on nous parlait de son côté séduction et nous ne voulions pas que ce soit une séduction en terme de sexe. Alors on l’a faite bleue, ce qui renforçait (d’après nous) le côté « entité froide inorganique dépersonnalisée concept etc » et accentuait l’écart entre la petite sondeuse en fond (qui crée une relation sympathique et humaine avec les sondés) et ce qui est plus difficilement cernable : ce qui conçoit les questions, vend les résultats, écrit les articles.
Voilà .
J’ai hâte de voir ce film sur grand écran, j’ai déjà remarqué que bon nombre de 100jours se regardent d’un oeil nouveau en projection publique et en grand.
Une projection de ce film et d’une quinzaine d’autres (dont certains de la semaine parisienne en présence des auteures) est prévue le vendredi 4 mai 2007 à l’Atoll 13 « Amis de Tolbiac – le Barbizon » (Paris 13ème). Venez !
Commentaire par An — Mardi 24 avril 2007 @ 9:45